Année: 1999
Date: 12 septembre
Nombre de ballons et pilotes...: Douze ballons: Jacques Berlo (OO-BSG), Dédé Bertrand (OO-LON), Jean-Claude Bouvy (OO-BVN), Renaud Evrard (OO-BOP), Caroline Knepper (LX-ZEP), Michel Lambert (OO-BCG), Patrick Libert (OO-SWF), Jacques Nokin (OO-BJN), Eric du Trieu (OO-BOU), François Schaut (OO-BVD), Jean-François Siméons (OO-BSP) et Claude Van Hoorebeeck (OO-BLS)
Remarques: landing Temploux… (5 min) pour la plupart, 20 min pour certains…
Info:

Monsieur le Ministre S. Kubla dévoile la plaque souvenir à l'entrée de l'aérodrome de Temploux et vole à bord du OO-BOP, avec Renaud Evrard.

Communiqué de presse

Presse:


La dernière Heure
13 septembre 1999
 
Souvenir:

Photos:

  
    
  



    Ballons: 30 ans de magie  
   Le Club de ballons de Céroux, capitale belge du ballon, le plus ancien du pays, a voulu marquer l'anniversaire du premier vol en Belgique d'une montgolfière. Une plaque commémorative a été apposée, et une nuée de ballons se sont envolés le 12 septembre. Nous étions du voyage.

   Il peut paraître étonnant de célébrer, en 1999, les 30 ans de la montgolfière. C'est oublier que l'histoire du ballon à air chaud s'est déroulée en deux temps bien distincts.
Le tout premier vol humain en montgolfière s'est bien déroulé le 21 novembre 1783. Les deux premiers aérostiers de l'histoire s'appelaient Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes.
Le premier devait se tuer deux ans plus tard, dans un accident de montgolfière.
Le ballon à air chaud connut un réel succès dans le courant du 19ème siècle, comme curiosité. Mais la guerre de 1870 démontra la supériorité du ballon à gaz. Ce brasero volant qu'était la montgolfière était en effet trop dangereux. Elle était en papier, et s'enflammait au premier coup de vent... Et l'on pensa que le ballon à air chaud disparaîtrait à jamais...

Génération nylon

   Grâce aux technologies modernes, la renaissance de la montgolfière est venue de façon totalement inattendue dans les années 60, aux États-Unis puis en Grande-Bretagne, et enfin en Belgique. C'est la conjonction de techniques modernes qui a permis cette renaissance: le nylon pour l'enveloppe, le propane pour la production de calories, et l'aluminium pour le stockage du gaz... Ces ballons sont performants, sûrs, et - relativement - bon marché. Leur vocation: le loisir.

   En Belgique, le premier ballon à air chaud s'envole le samedi 13 septembre 1969, de l'aérodrome de Temploux. Il est 18h10 et, ce jour-là, le temps est ensoleillé. À bord de la nacelle, trois passionnés: le pilote britannique Mark Westwood; François Schaut, pilote belge de ballons à gaz, qui connaît bien la réglementation aérienne en vigueur en Belgique; et Michel Evrard, en quelque sorte le "sponsor" de cette première, puisqu'il est responsable commercial de la société Petrogaz.

   L'opération est séduisante. Plusieurs vols sont prévus à Liège, Tournai, Gand... Pour le vol de Gand, Marc Westwood cédera sa place à son collègue britannique, Don Cameron, que l'on reverra en Belgique les années suivantes et qui est devenu "la" référence en matière de construction de ballons à air chaud. Le ballon, avec lequel Bertrand Piccard et Brian Jones ont récemment réussi à faire le tour du monde, était de sa fabrication.
Céroux,

Capitale belge du ballon

   L'expérience de septembre 1969 étant concluante, dès l'année suivante, quelques passionnés construisent eux-mêmes leurs montgolfières. La première immatriculation en Belgique était attribuée: 00-GDB. D'autres amateurs suivent le mouvement. À l'époque, il fallait être riche pour s'intéresser au ballon. Aujourd'hui, le sponsoring règne en maître sur le monde de l'air chaud.

   Mais, où se réunir? Parmi les premiers clubs, il y a celui de Céroux. La superbe place, entourée d'arbres, du petit village du Brabant wallon se trouve un peu à l'écart des grands couloirs aériens. Et le paysage est sublime. Le 27 avril 1970, la première montgolfière décollait de Céroux. Depuis, le petit village brabançon est devenu un haut lieu du ballon en Belgique. Mais ceci est une autre histoire. Car, c'est bien à Temploux que l'on a célébré le 30ème anniversaire du premier vol...

Soudain plus léger que l'air...

   Étalées sur le bord des pistes, une dizaine de montgolfières multicolores attendent d'être gonflées. En moyenne, chaque ballon pèse à peine 150 kilos. Bourré d'air chaud, il s'élèvera lentement pour absorber plus de 1.600 m3 d'air.

   Il y a peu, toute l'opération se faisait à l'aide des brûleurs à gaz. Il s'agissait de "gaver" la gueule du ballon avec de l'air chaud, grâce à des mouvements de battements assez délicats à effectuer sans se brûler...

   Actuellement, tous les aérostiers utilisent une technique plus simple: équipés de grands aérateurs, ils font d'abord pénétrer de l'air à température ambiante pour gonfler la toile. Dès que la gueule du ballon est entrouverte, l'aérostier, allongé dans la nacelle, donne quelques coups de flamme.

   Notre aérostier s'appelle "Dédé" Bertrand. Il vole avec "Air Escargot" depuis une dizaine d'années.

   Un petit coup de flamme, et soudain le ballon se redresse mollement. La nacelle se met également debout. C'est le moment, pour l'équipage, d'enjamber le grand panier en osier. Jusqu'au moment du départ, le seul travail de l'aérostier consiste à veiller à ce que le ballon se maintienne en position verticale sans décoller.

   Enfin, "Dédé" reçoit l'autorisation de décoller (ce 12 septembre, il y avait un ordre de décollage car, vu l'affluence de ballons à Temploux, on risquait la mêlée...). Un grand coup de flamme, et soudain, c'est la magie: nous sommes plus légers que l'air!
Un vrai miracle, car "Dédé" et son équipage sont plutôt du genre "costauds". Rapidement, le ballon quitte le sol, s'élève... Bientôt, on voit au sol l'enchevêtrement multicolore des ballons, eux aussi prêts à partir.

  Il suffit d'un souffle pour que l'on monte ou que l'on descende.

- Dans les ballons à gaz (sur le volume desquels l'équipage ne peut influer, une fois gonflés), l'équipage doit conserver à bord jusqu'aux papiers d'emballage de chocolat, explique "Dédé". Ces quelques grammes suffisent à rompre l'équilibre. Ainsi, pour les vols de plusieurs heures, ils doivent conserver jusqu'à leur urine à bord. Sans quoi ils s'envoleraient trop haut dans le ciel...

Vive le GSM

   Pour ce vol anniversaire du 12 septembre, pas question de monter trop haut dans le ciel. Il fait beau et très chaud. Mais un front orageux s'annonce. On ne pourra pas monter à plus de 500 mètres. En outre, le vent nous pousse en direction de la vallée de la Meuse. Il faut soit atterrir avant; soit passer la Meuse; mais alors, le vol devra être très long. Or, il faut avoir atterri avant la tombée du jour.

Conclusion:

- On va atterrir dans ce pré, derrière les arbres, décide Dédé. Vous verrez, c'est très simple.
En tirant sur une sorte de valve gigantesque (appelée "parachute") située au fond du ballon, Dédé laisse s'échapper de l'air chaud. L'effet est immédiat: nous descendons. Nous finissons par faire "littéralement" du rase-mottes, puis par nous poser. Le ballon est maintenu en position verticale, le temps, pour l'aérostier, d'appeler son équipe de récupération, munie d'une solide remorque et d'un 4x4.
- Le GSM a changé notre vie, reconnaît Dédé. Grâce à lui, je peux appeler mon équipe et lui donner des indications pour me rechercher. Avant, mes équipiers devaient me suivre en voiture sans me perdre du regard. Et, une fois l'atterrissage fait, je disparaissais à leur vue derrière un rideau d'arbres. Retrouver le ballon était un exercice très délicat. Certes, on avait des radios. Mais elles ne fonctionnaient plus, le ballon une fois posé au sol.
Dès que la voiture arrive, "Dédé" tire un grand coup sur le parachute. En quelques secondes, le ballon perd de sa superbe, se couche et se vide de son air. Cinq minutes plus tard, il n'est plus qu'une grande toile, ballonnée ici et là. Dix minutes plus tard, il n'est plus qu'un grand tas de chiffons retenu dans un grand sac et placé au fond de la remorque.
Toute la magie du ballon réside dans ce contraste...

Jean-Marc Veszely.

Renseignements: Club des Ballons de Céroux 02/387.16.18; fax: 02/387.16.19.




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